
Si la journée doit servir à marcher en montagne, partez pour Imlil ; si elle doit servir à suivre une rivière et à déjeuner au frais, prenez la vallée de l’Ourika. Le Toubkal n’entre dans aucune des deux. Il se gravit en deux jours avec un guide, et une excursion à la journée ne vous en montre que le pied.
Ces trois noms reviennent ensemble sur presque toutes les offres au départ de Marrakech, parfois dans la même ligne, comme s’ils formaient une seule sortie. Ce sont trois choses différentes, et deux questions suffisent pour trancher : combien d’heures vous voulez marcher, et quel temps il fera ce jour-là.
Quelle excursion choisir dans l’Atlas ?
Imlil a notre préférence, y compris pour une première fois, dès que deux ou trois heures de marche ne vous font pas peur. C’est là que l’Atlas ressemble vraiment à de la haute montagne. Le village se tient autour de 1 740 m d’altitude, au bout de la route goudronnée, et les sentiers partent des dernières maisons. Comptez environ 1 h 30 à 2 h de route depuis Marrakech selon la circulation.
L’Ourika convient à ceux qui veulent de l’eau, de l’ombre et moins d’efforts, tant qu’il ne pleut pas. Selon le Conseil régional du tourisme de Marrakech-Safi, la vallée commence à une trentaine de kilomètres au sud de la ville. Mais Setti Fatma, le village des cascades, se trouve tout au fond, à environ 65 km et 1 h 30 de route. L’argument de la proximité, qu’on vous donnera pour l’Ourika, ne vaut donc que si vous vous arrêtez en chemin : pour les cascades, vous passerez à peu près autant de temps en voiture que pour Imlil.
| Imlil | Ourika (Setti Fatma) | Toubkal | |
|---|---|---|---|
| Route depuis Marrakech | 1 h 30 à 2 h | environ 1 h 30 | départ d’Imlil |
| Ce qu’on y fait | marche entre villages, déjeuner sur place | rivière, cascades, déjeuner au bord de l’eau | ascension d’un sommet à 4 167 m |
| Effort | réel, sur sentier de montagne | faible jusqu’à la première cascade, soutenu au-delà | deux jours, parfois trois |
| Ce qui peut gâcher la journée | les mauvaises chaussures | un jour de pluie | croire qu’il se fait à la journée |
D’autres vallées, comme Ouirgane, se proposent aussi pour une journée plus lente, et se choisissent sur les mêmes deux questions.
La journée à Imlil
Le village compte moins que ce qui commence au-dessus : les sentiers muletiers, les hameaux en terrasses, les noyers, et le massif du Toubkal qui ferme le fond de la vallée. Une journée typique fait une boucle de quelques heures entre villages, avec un tajine pris chez l’habitant ou dans un gîte.

C’est aussi là qu’une erreur de tenue se paie. Les sentiers de l’Atlas demandent de vraies chaussures de marche dès qu’on quitte les pistes carrossables, et dans les villages, épaules couvertes et jambes à mi-mollet restent le choix le plus confortable, pour vous comme pour les échanges sur place. Notre page pour s’habiller à Marrakech donne le détail saison par saison, excursions comprises.
Depuis 2019, tout randonneur non marocain doit être accompagné d’un guide de montagne agréé pour s’engager dans le massif du Toubkal, et des contrôles le vérifient sur le sentier, notamment après Aremd. Une promenade entre les hameaux autour d’Imlil reste en principe en deçà de ces contrôles, mais faites-vous confirmer l’itinéraire. Dès que le programme parle de monter vers le refuge, assurez-vous que la personne qui vous accompagne est un guide agréé, et pas seulement le chauffeur.
Après le séisme de 2023
Le tremblement de terre du 8 septembre 2023 a frappé la province d’Al Haouz, celle d’Imlil et du Toubkal. Dans les deux semaines qui ont suivi, les guides d’Imlil dégageaient déjà les sentiers qui montent au Toubkal pour que les visiteurs puissent revenir. Fin 2024, la presse marocaine décrivait des touristes marocains et étrangers qui affluaient de nouveau au village.
Ce témoignage de fin 2024 reste le plus récent que nous ayons trouvé, et il ne donne pas l’état de chaque sentier. Le sentier principal a été rouvert très tôt ; un chemin secondaire ou un hameau peut encore porter les traces des dégâts.
Demandez l’itinéraire exact la veille, un guide d’Imlil saura vous dire ce qui passe et ce qui ne passe pas.
L’Ourika, plus facile sur le papier
La vallée tient sa réputation de sept cascades étagées au-dessus de Setti Fatma. La première se rejoint sans difficulté ; les suivantes demandent un effort plus soutenu et des chaussures adaptées. Sur place, il est courant de se faire accompagner par un guide local : pour la première cascade, vous pouvez vous en passer, pour les suivantes, c’est plus raisonnable.
Le vrai sujet, ici, c’est l’eau. Le 17 août 1995, une violente averse a emporté des centaines de personnes dans la vallée, et des détecteurs d’inondation ont été installés depuis pour alerter habitants et touristes. Un orage d’été dans la montagne suffit à faire monter très vite une rivière encaissée, même quand il fait beau à Marrakech. Par temps de pluie, les sentiers des cascades deviennent glissants. Ajoutez ce que la vallée a déjà connu, et un fond de vallée n’est pas l’endroit où attendre qu’un orage passe : un jour de pluie annoncée, ou d’orage sur les sommets, gardez Imlil ou une journée en ville. L’Ourika attendra.
Le Toubkal ne tient pas dans une journée
Le Toubkal culmine à 4 167 m, point le plus haut de l’Afrique du Nord, à 63 km au sud de Marrakech. Entre Imlil et le sommet, on parcourt près de 35 km aller-retour pour un dénivelé de près de 5 000 m. La formule la plus courante s’étale sur deux jours, parfois trois pour s’acclimater, avec une nuit dans l’un des refuges à 3 200 m, à deux ou trois heures du sommet. À cette altitude, le mal des montagnes n’est pas exclu.
Une offre intitulée « Toubkal » au départ de Marrakech et bouclée en une journée est donc une journée à Imlil avec vue sur le massif. Rien de malhonnête là-dedans, à condition de la payer et de la juger pour ce qu’elle est. Si c’est le sommet qui vous intéresse, prévoyez deux jours à part, un guide agréé, et un séjour assez long pour ne pas les prendre sur le reste de Marrakech.
Avant de réserver
Lisez le programme ligne à ligne. L’Ourika fait partie de l’Atlas, et une formule « Atlas + Ourika » peut très bien ne jamais monter à Imlil. Si c’est Imlil que vous voulez, son nom doit figurer au programme, avec le nombre d’heures de marche. Regardez aussi si le déjeuner est compris, si l’accompagnateur est un guide ou seulement un chauffeur, et à quelle heure on vient vous chercher.
Pour un départ matinal, demandez à votre riad si un petit-déjeuner est possible dès 7 h ; c’est l’une des questions à poser en choisissant où dormir à Marrakech pour une première fois.
Une seule vallée par jour.
Avec 1 h 30 à 2 h de route pour Imlil et environ 1 h 30 pour Setti Fatma, en faire deux le même jour, c’est surtout de la voiture. Dans un séjour de cinq jours, une seule excursion trouve naturellement sa place, comme dans notre sélection de ce qu’il faut visiter à Marrakech.
Plus court, ou bien plus long
Le désert de pierres d’Agafay, à environ 45 minutes de Marrakech, se fait en une demi-journée et garde l’Atlas en toile de fond : pour voir les sommets sans y monter, c’est l’alternative courte. Le reste, pour y aller, est dans notre guide du désert d’Agafay.
Les cascades d’Ouzoud, elles, demandent environ 2 h 30 à 3 h de route par trajet : une vraie longue journée, qui ne se compare ni à Imlil ni à l’Ourika.
Pour comparer l’Atlas avec Agafay, Essaouira ou Ouzoud, les autres sorties à la journée depuis Marrakech sont passées en revue une par une, et la question de partir en excursion privée ou en groupe a sa propre page.