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Quels souks visiter à Marrakech ?

Cônes d'épices safran, cumin et paprika sur l'étal d'un souk de Marrakech

Rahba Kedima, Haddadine et Semmarine se visitent les mains vides. Cherratin, Smata et Zrabi sont d’abord des boutiques, et ne méritent le détour que si vous savez déjà ce que vous cherchez. Entre les deux, la différence se voit avant même d’avoir demandé un prix.

On vous citera beaucoup d’autres noms. Les écarter demande plus de travail que les aligner.

Rahba Kedima, Haddadine, Semmarine

Rahba Kedima ne demande rien. On y regarde, on repart, et c’est déjà une visite. Les épices y sont montées en cônes, safran rouge vif, cumin doré, paprika éclatant, et cela commence à 20 MAD les 100 g. C’est aussi l’achat le moins engageant du quartier. Si vous voulez essayer une négociation pour de vrai, faites-le ici et pas devant un tapis.

Haddadine, près de la médersa Ben Youssef, est le souk des lanternes en cuivre et en laiton, percées de motifs délicats, dès 100 MAD. Soulevez-en une avant de rêver. Le poids et l’encombrement se découvrent généralement trop tard, une fois la valise ouverte.

Semmarine est l’axe couvert que presque personne ne contourne, et ses étals mêlent bougies ornementées, faïenceries et luminaires. L’argent y brille aussi : bracelets, pendentifs, boucles incrustées de turquoise, dès 100 MAD, en demandant toujours le poinçon. C’est le plus généraliste des trois. On s’y attarde surtout parce que c’est la première chose qu’on voit. Pour voir de vrais ateliers encore en activité, il faut plutôt chercher du côté de Dar Si Saïd.

Bracelets et pendentifs berbères en argent incrustés de turquoise sur un plateau de bijoutier

Les trois souks qui sont des boutiques

Cherratin, c’est le cuir : sacs, ceintures, poufs, portefeuilles, dès 150 MAD. Sans intention d’achat, vous n’y verrez pas grand-chose que les autres ruelles ne montrent déjà.

Smata aligne les babouches sur des murs entiers, de 80 à 200 MAD selon la qualité. Pourquoi le garder dans les arrêts utiles alors qu’on y vient pour acheter ? La paire cousue main s’assouplit au pied et dure des années, tandis que la version industrielle reste raide et sent le plastique. Prenez-en une de chaque en main. Vous aurez appris sur place un test qui resservira partout ailleurs.

Le souk Zrabi est celui des tapis, de 500 à 2 000 MAD. À ce niveau, personne ne décide en marchant.

Pour le marchandage et pour le tapis, continuez avec le guide des souks de Marrakech. Les prix de départ, article par article, sont dans les souvenirs à ramener de Marrakech.

Le seul que nous déconseillons franchement

Le souk des tanneurs et des teinturiers fait la part belle aux cuirs de toutes sortes ; babouches et maroquinerie y envahissent des allées que baigne l’odeur entêtante des peaux tannées au soleil.

Ce n’est pas l’odeur qui nous le fait rayer de la liste.

C’est qu’il sert de point d’arrivée à l’arnaque la plus fréquente de la médina. Quelqu’un vous voit hésiter, s’approche, propose de vous guider. Trois ruelles plus loin, le ton change, et la promenade finit chez un cousin tanneur. Les faux guides insistent surtout près de Jemaa el-Fna, et réclament ensuite 50 à 100 dirhams. On trouve le même cuir à Cherratin, au même prix, sans avoir suivi personne.

Nous avons détaillé le schéma complet et ses variantes dans le guide sécurité à Marrakech.

Et tous les autres ?

Une bonne partie des souks ne vous concerne pas, et il n’y a rien d’anormal à cela. On y vend aussi l’ordinaire du quartier, l’épicerie du coin comprise. Ahiak, par exemple, vend des vêtements : t-shirts, jeans, robes, tenues traditionnelles. Rien à y chercher si vous n’habitez pas là.

Une exception mérite le détour, et on la cite rarement : le marché du Mellah, où les tajines colorés s’alignent par dizaines, dès 120 MAD. Le quartier offre en prime des ruelles plus calmes pour souffler entre deux visites, ce que relèvent aussi nos incontournables de Marrakech.

Gardez aussi un œil sur les portes ouvertes en chemin. Certaines donnent sur un fondouk, une cour intérieure entourée d’échoppes, qui servait autrefois d’auberge aux voyageurs et prolonge aujourd’hui le souk sans qu’on la devine depuis la rue.

Cour intérieure d'un fondouk de la médina de Marrakech, galeries en bois et ateliers d'artisans

Pourquoi nous ne donnons pas d’itinéraire

Les souks sont un labyrinthe, et le réflexe utile est de garder en tête une mosquée ou une grande place. Un parcours tout tracé suppose qu’on tourne où on l’avait prévu. Sur place, c’est rarement ce qui arrive.

Ce que nous donnons est donc un ordre de priorité. Rahba Kedima d’abord, parce que c’est là qu’on s’arrête. Haddadine ensuite. Semmarine, vous y passerez sans le chercher.

Quand y aller, et pour combien de temps

Le bon créneau est étroit : entre 9 h 30 et 11 h, avant les groupes et les fortes chaleurs. Plus tôt ne sert à rien. Au petit matin, les ruelles ne sont bordées que de petites portes en bois fermées. Comptez 2 à 3 heures pour marcher sans courir.

Au-delà, on regarde sans voir.

Si la matinée est prise, la fermeture arrive vers 21h-22h, ce qui laisse une vraie fenêtre en fin de journée. Sauf en juillet et en août. Les températures dépassent régulièrement 38 °C entre 11h et 17h, les ruelles étroites concentrent la chaleur, et beaucoup de souks n’offrent aucune échappatoire. Mois par mois, notre page sur quand partir à Marrakech détaille ce que vaut chaque période.

Qui devrait s’abstenir

Avec une poussette, ou de jeunes enfants qui marchent, franchement non. Il faut slalomer dans la foule, éviter un deux-roues qui passe à toute allure, une camionnette, une brouette tirée par quelqu’un.

Ceux que le démarchage épuise peuvent laisser le débardeur au riad, puisque le haut sans manches dans les souks génère un peu plus de sollicitations.

Et si marchander vous crispe, vous n’êtes pas obligé d’y aller du tout. Les boutiques à prix fixes existent — le souk n’est pas un passage obligé.

Revenir une seconde fois

Prévoyez deux passages courts plutôt qu’un seul long. Le premier sert à regarder et à comparer les prix, le second à acheter. C’est aussi ce qui évite de rentrer avec un objet dont on ne saura pas quoi faire.

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