AccueilConseils PratiquesLes souks de Marrakech, sans tourner en rond ni se faire avoir

Les souks de Marrakech, sans tourner en rond ni se faire avoir

Ruelle couverte d'un souk de Marrakech, lumière filtrant à travers les lattes du toit

Pour une première visite, quatre métiers suffisent : les épices à Rahba Kedima, le cuir au souk Cherratin, les lanternes au souk Haddadine, les babouches au souk Smata. Le reste se découvre en marchant. Personne ne les visite tous, de toute façon. Vouloir cocher chaque ruelle est le meilleur moyen de rentrer fatigué, avec des photos qui se ressemblent.

Les noms de souks mentent un peu, les étals jamais

L’Office national marocain du tourisme présente Semmarine comme « peut-être l’un des plus intéressants du Maroc », là où confluent artisanats amazighs et arabes, et rattache le souk Attarine au travail du cuivre. Ailleurs, le même Attarine est donné aux épices, et Semmarine aux tissus. Les deux versions circulent. Aucune ne se vérifie depuis chez vous.

D’où la seule règle qui tienne sur place : fiez-vous au métier que vous avez sous les yeux, pas au nom lu la veille.

Le reste du découpage est plus stable. Les bijoux en argent se tiennent du côté de Semmarine, les tapis au souk Zrabi, les tajines au marché du Mellah. Lesquels mériteront votre matinée, et lesquels ne valent le détour que si vous achetez : nous le détaillons souk par souk dans quels souks visiter à Marrakech.

Entrer, tourner, ressortir

Notre guide sur que visiter à Marrakech conseille d’entrer par la Koutoubia et de la garder comme repère, d’accepter de se perdre un quart d’heure, puis de revenir vers un axe connu comme Semmarine ou Mouassine. Le minaret y aide : il culmine à 77 m et reste visible de loin.

Jemaa el-Fna aussi. Elle est indiquée partout dans les ruelles, et les commerçants vous y renvoient souvent sans que vous ayez rien demandé. Choisissez une direction générale et tenez-la. Si la crainte de vous perdre vous retient, lisez d’abord comment voir les souks sans tourner en rond.

Les souks ouvrent tous les jours, en général du matin au début de soirée. Le matin reste le meilleur créneau : moins de monde, et des vendeurs plus disponibles pour discuter.

Gardez du liquide : les cartes passent dans les musées et les grands restaurants, beaucoup moins dans les échoppes. Un pantalon léger vaut mieux qu’un short pour une journée de souk — le détail quartier par quartier est dans notre guide sur comment s’habiller à Marrakech.

Ce qui mérite la valise

Regardez le vendeur avant l’objet. S’il peut vous dire de quoi c’est fait, où, et par qui, vous êtes probablement devant de l’artisanat. Voir l’artisan travailler sur place reste le meilleur gage.

Les valeurs sûres tiennent dans un sac à dos : des épices dès 20 MAD les 100 g, une paire de babouches entre 80 et 200 MAD, une lanterne ou un bijou en argent dès 100 MAD, de l’huile d’argan à partir de 50 MAD les 100 ml.

Mur de babouches en cuir jaune safran, rouge et turquoise dans une échoppe du souk

Le cuir, lui, se juge à la main. Souple, odeur naturelle, coutures régulières : c’est bon. Trop brillant, c’est souvent du synthétique. Comptez à partir de 150 MAD.

Lanternes marocaines en laiton ciselé suspendues dans un atelier du souk

Et ce qu’on laisse sur l’étal ? Tout ce qui existe en cent exemplaires identiques, sans personne pour en raconter la fabrication. Pour trier le marocain du générique, matière par matière, voyez quels souvenirs sont vraiment marocains. Objet par objet, notre liste de souvenirs à ramener de Marrakech fait le tri en détail.

Le tapis, seul achat qui mérite qu’on revienne le lendemain

Un tapis berbère se situe entre 500 et 2 000 MAD, et c’est au souk Zrabi qu’il faut le chercher. À ces montants, l’achat impulsif se paie. La laine, le nœud, le transport et la douane ont leur page : où acheter un tapis sans se faire avoir.

Tapis berbères en laine pliés et empilés dans une boutique de la médina, un tapis Beni Ourain déplié au premier plan

On conseille une visite préalable : Dar Si Saïd. Notre guide des incontournables le présente comme le Musée national du Tissage et du Tapis, et c’est bien le nom officiel qu’il porte aujourd’hui. On lit pourtant encore, ici ou là, qu’il serait consacré au travail du bois. Sa collection de tapis et de tissages marocains, elle, est documentée région par région, du Tensift au Tafilalet.

L’entrée coûte 30 DH pour un adulte. Le musée ouvre du mardi au dimanche, de 10h à 18h, et ferme le lundi.

Passez-y avant les étals. On ne regarde plus une pile de tapis de la même façon quand on a vu ce que la laine et le nœud racontent.

Le piège arrive avant le prix. C’est l’inconnu très serviable qui propose de vous montrer le chemin et vous dépose dans une boutique. Refusez dès le premier mot, poliment, en disant que vous connaissez la route. Si les sollicitations de rue vous inquiètent plus largement, lisez notre page sur la sécurité à Marrakech pour les voyageurs.

Négocier : nos deux guides ne disent pas la même chose

Notre liste de souvenirs conseille de partir à environ la moitié du prix annoncé ; notre guide des incontournables vise plutôt 40 à 60 %. Le chiffre exact importe peu. Ce qui décide, c’est le prix de référence que vous avez en tête en arrivant.

Demandez le prix du même objet à plusieurs vendeurs avant d’engager quoi que ce soit, et demandez à votre riad ce qui se pratique en ce moment. Sur le cuir, un rabais de 30 à 50 % est courant. Sur les babouches, c’est le nombre de paires qui fait bouger le prix, pas l’éloquence.

Le tarif ne vous convient pas ? Souriez, remerciez, partez. Personne ne s’en formalise.

Et si marchander vous épuise, tout ne se négocie pas ici : dans les grandes enseignes de Guéliz, rappelle l’Office national marocain du tourisme, il n’est plus question de débattre des prix.

N’achetez ni épices ni parfums sur la place Jemaa el-Fna elle-même, c’est plus cher qu’à deux ruelles de là. Le déroulé d’un marchandage, réplique par réplique, est dans comment négocier dans les souks.

Ce qu’on en retient

Les souks se visitent mal en liste. Achetez peu, lentement, et regardez le reste sans sortir le portefeuille. Une paire de babouches choisie en discutant avec celui qui les a cousues vous racontera davantage, dans dix ans, qu’une valise remplie à la hâte le dernier matin.

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